I was looking for an election nightmare meme and all I got was this mediocre emptiness.

Le seul feeling que j’ai c’est l’impression que je devrais être en criss, ou bien terrifié, ou vraiment triste. Trump a concrétisé son retour et c’est vraiment de sombre augure. Les démocrates sont problématiques à plusieurs niveaux, mais on se serait tout du même passé du tournant raciste, mysogyne, fasciste, yadi yada. Ça fait peur. Pourquoi est-ce que je resssens rien? Je repense à ma soirée et tout ce que j’ai su faire c’est tenter d’analyser la situation, essayer de rationaliser le vote maga. Tel un vieux fonctionnaliste, j’essaie de comprendre les raisons qui poussent les gens dans cette direction. À coup d’hypothèses discutables, j’ai formulé plusieurs analyses creuses et, on va se le dire, inintéressantes, jusqu’à me fâcher après moi-même en me disant que je devrais être capable d’une réflexion plus éclairante. Mais en bout de ligne, comme le souligne si bien Donna Haraway, tu peux bien formuler la plus brillante analyse marxiste du late stage capitalism (ici en faisant le lien téléologique avec la réélection de Trump), ça ne sert pas à grand chose si ça ne mène pas à l’action. Ça ne répond pas à ma question initiale, mais ça aide à calmer ma promptitude analytique. Il y a des moments où j’aimerais vraiment déployer une fine réflexion à l’instant même où du nouveau apparaît, puis d’en débattre. Puis je suis pris de deux vives impressions; je ne connais pas assez de choses et je ne possède pas le don de la verbalisation immédiate, claire et concise. Je réfléchis mieux sur la durée et par écrit, ce qui est très bien alors pourquoi est-ce que je vais directement vers l’analyse immédiate et la rationalisation, alors que je que croyais avoir très bien internalisé l’éloge de la lenteur et de la profondeur, et appris à adresser une certaine méfiance face aux excès de la raison. Et ici je me rappelle quelque chose que je répète souvent aux gens autour de moi, l’impression qu’il faut passer son temps à se battre contre tout ce qu’on se fait marteler constamment si on ne veut pas se laisser glisser vers la facilité, autant dans la complaisance des idées que des actions, des nouveaux réflexes qui apparaîssent parce qu’on give in, par manque d’énergie ou parce qu’on est juste vraiment écoeuré de se poser de questions à propos de tout.
Je pense que l’analyse de mon non-sentiment face à ce qui se passe ce soir est plus intéressante que celle que j’essayais de faire à propos des indécis qui votent finalement pour Trump (et qui cachait, soyons franc, un embarassant jugement de valeurs). Pourquoi je me souviens de comment je me sentais pendant la première guerre du Golfe (peur, à en faire des cauchemars récurrents) au 9-11 (un mix d’incompréhension et un sentiment omineux que le monde allait changer), à la ré-élection de Bush Jr. (désillusion), au printemps érable (colère) et après la vague orange (espoir, puis encore désillusion), puis après, je me souviens de moins en moins. Est-ce par habitude ou bien y a-t-il quelque chose de plus deep? Il est vraiment tard, ce sera pour un autre post.

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